Sainte-Jeanne-de-la-Grenouillère

Dans ce récit, tout est véridique,
sauf les noms de personnes.

Dans une association de bonnes dames pieuses, il se passe en coulisses des rivalités,
des racontars, des médisances, des calomnies, des magouilles et toutes sortes de méchancetés.
On y retrouve des lettres, des téléphones, des enrégistrements audio, des articles de journaux,
des communications reçues et envoyées. Plein de gens à double facette.
Soit la sainte hypocrisie de ces nobles grenouilles de bénitiers.
Assemblée générale de l’Association des serviteurs et servantes de
Madame la présidente prend la parole, après les oraisons et les prières habituelles. Trente-cinq des trente-huit membres sont présents aujourd’hui. Ils sont venus accueillir et surtout entendre une nouvelle adhérente.
- Frères et sœurs en Jésus, bonsoir. Nous avons l’immense joie de recevoir en nos murs une mère de famille, Ange-Aimée Robitaille, que votre conseil d’administration a déjà acceptée comme membre de notre groupement. Elle nous fera part de son vécu, nous parlera de sa rencontre avec le Seigneur Jésus, doux, aimable et miséricordieux. Je lui laisse la parole maintenant.
Tous les yeux sont tournés vers la nouvelle. Ce n’est pas tous les jours qu’on recrute un membre. Surtout depuis la campagne de dénigrement menée par les évêques et certains journalistes en mal de sensationnalisme. La sélection est sévère; on n’accepte pas n’importe qui.
Elle se lève, fière et majestueuse, monte sur le petit estrade et, après avoir souris à Jeanne, commence son petit discours :
- Bonsoir à vous tous.
Comme vous pouvez le constater par vous-même, je suis une femme très grassette. Dans certains milieux, on m’appelle Sainte Toutoune, parce que passe mon temps à prier et à adorer le Seigneur. J’ai un très bon appétit. Je sais que si je maigrissais un peu, je serais mieux dans ma peau. J’ai essayé des régimes, mais sans succès. Je sais que ça serait mieux aussi pour ma santé, si je pouvais perdre quelques kilos…
… Le dimanche après Pâques, après avoir communié, en revenant me mettre à genoux à mon banc, quelque chose se produisit que je ne m'expliquais pas. J'ai ressenti comme une défaillance. J'étais comme ivre de joie, de bonheur. Il me semblait découvrir un autre monde. C'était le 5 avril …
… Le dimanche suivant, le 12 avril, cette joie intérieure me posséda de nouveau, mais cette fois-ci je sentais une présence qui n'était pas de ce monde, la présence de Jésus, de l'Esprit-Saint, une force surnaturelle me possédait, une présence douce. Le monde n'existait plus. Mon corps n'existait plus, il ne restait que Dieu en moi et moi en Dieu ...
… Le 3ème dimanche après Pâques, 19 avril, cette merveilleuse joie se reproduisit encore. Je décidai de me confier à monsieur le Curé, car, comme je disais, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus qui vit en moi. Le prêtre me donna la communion. C'était si long d'attendre jusqu’au dimanche suivant. C'est Haut qui m'a sauvée du doute et à chaque messe je vois vraiment Jésus à travers le prêtre, et je vois l'Esprit de Dieu venir à l'Autel pour se donner à nous tous …
… Dans mon esprit, tout chante la louange du Seigneur, les fleurs, leur parfum, les arbres, la rosée du matin, tout ce qui existe, tout ce qui vit, c'est le souffle de Dieu, car ici, sur cette terre, tout chante les louanges du Seigneur. Avant je doutais de l'existence de Dieu, ma vie n'avait aucun intérêt, lugubre, cinq enfants à élever, le manque d'argent, mais depuis ce 12 avril, pour moi c'est la résurrection de mon esprit, de mon âme, les soucis matériels se sont envolés, cette paix intérieure s'élève au-dessus de tout ce qui existe sur cette terre …
… Puis j'ai récité le chapelet comme le Seigneur me l'a demandé. Jésus m'a regardée tristement tout le temps que j'ai récité le chapelet ...
… Ce soir-là, j’ai dit à Jésus : Toi qui es vraiment capable de tout, exauce ma prière. J’aimerais beaucoup me faire rapetisser l’estomac pour moins manger afin que puisse maigrir un peu …
… Écoutez bien ce que je vais vous raconter là. Avez-vous déjà vu travailler ces guérisseurs chinois des Philippines à la télévision ? Une personne est en train de se faire opérer par un chinois avec ses doigts, pas de bistouris ni autres instruments, juste ses doigts. Pas de sang, rien. Il se rentre les doigts dans le corps du patient et en retire juste ce qu’il faut. Vous avez vu ça ?…
… Alors donc, j’étais couchée sur le dos et j’ai commencé à sentir le travail des doigts du Seigneur dans mon estomac, comme s’il me triturait les entrailles. Moi, je dis que c’est le Seigneur qui m’a fait ce travail. Je sentais travailler ça à l’intérieur, comme si quelqu’un fouillait avec ses doigts. Comme les chinois faisant des opérations. Ce travail a duré environ quatre ou cinq minutes. Puis Jésus a disparu. Ah! Que j’avais hâte d’être rendue au lendemain matin pour voir si mon appétit avait diminué! J’ai dit alors: Merci Seigneur Jésus!
… Le lendemain matin, je me lève et, après mes prières, je commence à prendre mon déjeuner. Mon Dieu! Quelle différence il y avait! Je me sentais toute petite en dedans de mon estomac et je n’ai pas mangé le quart de ce que j’avais préparé. J’étais heureuse, c’est pas possible comment! J’étais heureuse et je remerciais sans cesse le Seigneur.
- Merci Seigneur!, reprennent les autres.
- Gloire à Toi Seigneur!, dit la présidente.
- Gloire à Toi Seigneur!, répètent les autres.
Puis Ange-Aimée continue son exposé :
- Un jour, j’ai été obligée d’aller chez une de mes tantes en Abitibi, une tante vraiment dépareillée; vous savez comme ils sont recevants les gens de l’Abitibi. Pour eux, l’hospitalité se résume à goûte à ci pis goûte à ça, pis mange-ci pis mange-ça. Tu manges malgré toi, pis envoye donc, pis encore un p’tit peu. Une vraie maladie. Comme de raison, je me sentais obligée de faire plaisir à cette chère tante qui faisait tout son possible pour bien me recevoir …
… À goûter à ci pis à goûter à ça, à manger ci pis manger ça, j’ai fini par ré-agrandir mon estomac. Et j’ai repris tout le surplus de poids que j’avais perdu. Et depuis ce temps-là, je suis redevenue grosse comme avant …
… Mais je me suis dit : je vais me punir comme y faut! Quand j’aurai fait ma punition assez longtemps, je redemanderai au Seigneur qu’il revienne me rapetisser l’estomac. Mais je vais attendre, je vais souffrir à mon goût avant. Pour mon péché, que j’ai commis. Pour expier ce péché odieux. Je resterai donc toutoune encore. Aussi longtemps qu’il le faudra …
… Oui, Seigneur, je vais continuer à trimbaler ma graisse comme Toi ta croix. Ma croix, c’est ma graisse. Pardon Seigneur Jésus, pardon!
- Pardon Seigneur Jésus, pardon, reprennent les autres.
- Pardonne-lui Seigneur, dit la présidente.
- Pardonne-lui Seigneur, reprennent les autres.
Les larmes aux yeux, Ange-Aimée regagne sa place.
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Madame le présidente s’empresse de la remercier et ajoute :
- Tous ensemble, bien chers amis, disons cette prière pour éviter l’enfer :
Ah! mon Jésus, votre sang et votre mort sont mon espérance.
Vous êtes mort pour me délivrer de la mort éternelle.
Ne permettez pas que je sois ingrat après avoir reçu de si
grandes grâces.
Vous m'avez délivré du feu de l'enfer; car vous ne voulez pas
que je brûle de ce feu de tourment, mais bien du doux feu
de votre amour.
Secourez-moi donc, afin que je puisse accomplir votre désir.
Si maintenant j'étais en enfer, je ne pourrais plus vous aimer;
mais puisque je peux vous aimer, je veux le faire.
Je vous aime, ô Bonté infinie; je vous aime, ô mon Rédempteur,
vous qui m'avez tant aimé.
Comment ai-je pu vivre dans l'oubli de votre nom?
Je vous remercie de ce que vous vous êtes souvenu de moi;
si vous m'aviez oublié, je serais en enfer maintenant,
ou bien je n'aurais aucun repentir de mes péchés.
Cette douleur de vous avoir offensé, ce désir
qui prouve que je vous aime, sont des dons de
votre grâce avec laquelle vous m'assistez.
Je vous en remercie, ô mon Jésus.
J'espère qu'à l'avenir je vous donnerai la vie qui me reste:
je renonce à tout; je ne veux penser qu'à vous servir
et à vous plaire.
Rappelez-moi toujours l'enfer que j'ai mérité, et les grâces
que vous m'avez faites, et ne permettez pas que je me
condamne moi-même
à ce lieu de tourments.
O Mère de Dieu, priez pour moi qui suis un pécheur.
Ainsi soit-il.
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Témoignage
Assemblée générale de l’Association des serviteurs et servantes de
Madame la présidente prend la parole, après les oraisons et les prières habituelles. Trente-deux des quarante-huit membres sont présents aujourd’hui. Ils sont venus entendre une nouvelle sainte des temps modernes.
- Frères et sœurs en Jésus, bonsoir. Nous avons l’immense joie de recevoir en nos murs, Anna, une jeune membre de
- Merci madame la présidente, je suis Anna, je viens d'un pays qui a longtemps été communiste. Sous ce régime, j'ai beaucoup oeuvré pour Dieu : en aidant les prêtres persécutés et en accueillant chez moi des rencontres de l'Église « souterraine ». Plusieurs fois, j'ai été convoquée par la police à cause de mes activités illégales. Je souffrais pour Dieu, pourtant, je ne connaissais pas encore le Dieu vivant.
Mes parents n'étaient pas mariés lorsque je suis née. Je n'étais donc pas désirée. J'étais encore tout enfant quand mon père est parti en Angola. Je ne l'ai pas connu. J'avais sept ans quand j'ai appris sa mort. Ma mère m'avait laissée chez mes grands-parents paternels à l'âge de 14 mois. Ce sont eux qui m'ont élevée. Mon adolescence a été très difficile. Je ne savais pas pourquoi j'existais. La vie pour moi n'avait pas de sens. Je ne parlais pas à ma mère. Je me sentais abandonnée. L'ambiance chez mes grands-parents était agressive. Je ne me sentais pas aimée et j'avais même l'impression d'être un poids pour eux.
À 17 ans, j’ai commencé à travailler pour gagner ma vie et ne pas avoir à demander de l'argent à ma famille. Je travaillais à Lisbonne pendant la journée, et le soir, je suivais des cours. Je suis tombée passionnément amoureuse d'un beau jeune homme et je descendis vraiment très bas. Je cherchais en fait à aimer et à être aimée. Je suis d'une famille de tradition catholique, mais avec l'image d'un Dieu lointain et très dur. Pendant mon séjour à Lisbonne je continuais à aller à la messe le dimanche. Pour faire plaisir à ma grand-mère. Un jour, une amie m'invita à un groupe de prière. J'ai apprécié tout de suite l'accueil, l'amitié et la joie des participants. J’ai continué à fréquenter ce groupe régulièrement pendant plusieurs mois.
Quelque temps plus tard, je me suis rendue à un grand rassemblement à Fatima pendant lequel un temps d'adoration du Saint Sacrement était organisé. Un prêtre lisait alors un passage de
Ma vie changea du tout au tout. À partir de la semaine suivante, j’allai à la messe chaque jour. J'avais besoin d'être avec mon Seigneur. Alors que précédemment je critiquais l'Église, je commençais maintenant à l'aimer. Marie, la mère de Jésus, que j'admirais de loin auparavant, est devenue bien vite ma vraie maman.
Un jour, une amie m'invita à un séminaire du Renouveau. Ce fut le point de départ d'un grand bouleversement. Ce groupe de prière transforma ma vie : je découvrais soudain un Dieu proche, qui m'écoute et me répond. Ce groupe de prière m'ouvrit la porte à l'amour. J’ai commencé à m'entretenir avec Dieu comme avec un ami. Je découvrais en même temps la joie de la louange. Ma vie elle-même commença à changer.
Une expérience étrange bouleversa de nouveau ma vie. Une nuit, je me suis vue dans un lieu avec le Saint Sacrement exposé. Je ne comprenais pas. Je me confiai au responsable du groupe de prière qui me dit : « Le Seigneur t'invite en France, à Paray-Le-Monial ». « Comment pourrai-je m'y rendre, je n'ai ni argent, ni possibilité de congé ? » À peine trois jours plus tard, la communauté de l'Emmanuel m'invita à venir à cet endroit que je ne connaissais pas. J’étais très émue et me tournai vers Dieu dans une prière confiante : « Seigneur, tu t'es manifesté plusieurs fois dans ma vie comme celui qui donne en abondance. Si c'est vraiment Ta volonté, occupe-toi de tout ! ». Le soir même, j’ai reçu l'argent nécessaire au voyage. Le lendemain, je demandai un congé à mon directeur qui me répondit aussitôt : « Et pourquoi pas ? »
Une semaine plus tard, j’étais à Paray-Le-Monial où j’ai retrouvé exactement le lieu que j'avais vu pendant la nuit. Alors j’ai demandé au Seigneur de me montrer ma vocation. À travers les différents enseignements et carrefours, la réponse fut : « Quel que soit ton état de vie, ce qui m'importe, c'est
J’ai découvert là que Dieu se donnait à moi personnellement et qu'Il m'appelait spécifiquement dans la communauté de l'Emmanuel.
Au bout d'un certain temps, je me posai la question de ma vocation. Dans ma prière personnelle, ainsi que dans celle des autres frères et soeurs de communauté, j’ai compris que Dieu m'appelait à me consacrer tout entière à Lui. Mais ce n'était pas facile pour moi d'accepter Sa Volonté. Je voulais une certitude. Un soir, je dis au Seigneur que je ne dormirais pas tant qu'Il ne me la donnerait pas. À 22h, quelqu'un sonna à ma porte : ma voisine avait besoin d'aide. C'était d'autant plus difficile pour moi de lui répondre que je venais juste de décider de rester pour prier ! Or, aussitôt après avoir aidé ma voisine, Dieu me donna la certitude demandée, notamment par sa Parole. J'ai accepté intérieurement le dessein de Dieu et une grande paix et une joie que je ne saurais expliquer habitent depuis lors mon coeur.
J’ai reçu aussi en même temps la joie de la louange, la paix profonde, l'amour, par le fait même que je me sentais réconciliée avec Dieu, avec moi-même et avec les autres.
Je décidai en même temps de cesser de fréquenter les amis qui m'entraînaient vers ce qui n'était pas bon pour moi, vers tout ce qui était loin de Dieu, de la vraie vie. Quelque temps plus tard, je suis parvenue à pardonner à ma mère. Grâce de libération profonde et chemin de liberté pour suivre celui de Dieu... À présent, nous nous voyons même souvent !
Pour répondre plus facilement à la demande de Dieu, j’ai donc cherché un endroit où je puisse grandir en sainteté, soutenue par d'autres qui auraient ce même désir. C'est ainsi que je suis entrée définitivement dans
Or, un jour que je priais seule dans ma chambre, j'ouvris ma Bible et je lis une Parole de Dieu dans Isaïe : « On ne te dira plus "Délaissée", mais on t'appellera "Mon plaisir est en elle". Car le Seigneur trouvera en toi son plaisir... Comme un jeune homme épouse une vierge, ton bâtisseur t'épousera. Et c'est la joie de l'époux au sujet de l'épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet ».
J’ai compris immédiatement que le Seigneur m'appelait à quelque chose de grand. Pour pouvoir lui répondre, j’ai commencé un cycle de discernement de vocation à Paris, un week-end par mois, pendant un an. Je priais le Seigneur de « me demander en mariage » si c'était véritablement son désir. Le Seigneur fut alors très clair. Lors du dernier week-end, II me répondit par cette parole : « C'est pourquoi je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son coeur... tu m'appelleras "Mon mari"... Je te fiancerai à moi pour toujours... ». Le Seigneur me confirmait donc bien clairement qu'Il m'appelait à la vie consacrée.
J’ai quitté aussitôt mon travail de responsable financière d'un hôtel à Lisbonne, j'abandonnai mon appartement, mes amis, et j'acceptai avec joie une mission à Fatima où je travaille maintenant comme bénévole.
Je remercie chaque jour le Seigneur de m'avoir choisie pour le suivre. II m'a sauvée, Il m'a guérie, Il me porte; je suis heureuse. J'expérimente une paix et une joie profonde...
- Parlez-nous un peu de votre Communauté.
-
Par une vie au sein même de la société, la famille ou les études,
Les membres de la communauté essaient, par l’exemple de leur vie, de conduire à Jésus, de façon à ce que leurs hôtes puissent ouvrir leur cœur à l’Esprit Saint. Le centre de leur spiritualité est l’Eucharistie et l’Adoration, dans lesquelles on peut faire l’expérience très intense de l’amour et de la présence de Jésus.
- Mais de quoi vivez-vous ? demande une dame assise dans la troisième rangée.
- Jésus dit à un groupe de personnes venus l’écouter sur les bords du lac de Tibériade: «Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent; ils n'ont ni cellier ni grenier, et votre Père céleste les nourrit. Et quant aux habits, considérez les lis des champs; ils ne travaillent ni ne filent. Cependant, je vous le dis, Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu prend soin de vêtir de la sorte une herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au feu, que ne fera-t-il point pour vous, gens de peu de foi? Ne dites donc pas avec anxiété: Que mangerons-nous? Que boirons-nous? De quoi serons-nous vêtus? Ce sont les païens qui se préoccupent de toutes ces choses. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Mais cherchez premièrement la justice et le royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné par surcroît. Ne vous souciez pas de demain; demain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.»
- Quelle belle philosophie de vie ! Que Dieu vous garde !
- Il disait encore : «N'enfouissez pas en terre, des trésors que les vers et la rouille dévorent, que les larrons découvrent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où il n'y a ni vers, ni rouille, ni larrons. Où est ton trésor, là aussi est ton cœur. On ne peut servir deux maîtres; ou bien on hait l'un et on aime l'autre, ou bien on s'attache à l'un et on délaisse l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. C'est pourquoi je vous le dis: Ne soyez pas inquiets de l'aliment que vous aurez pour soutenir votre vie, ni des vêtements que vous aurez pour couvrir votre corps. La vie n'est-elle pas plus noble que l'aliment, et le corps plus noble que le vêtement ? » Voilà notre mode de vie. Nous comptons sur votre grande générosité.
- Ah bon, y m’semblait aussi…, réplique un homme du dernier banc.
- «Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône, disait le maître. Faites-vous au ciel des sacs qui ne vieillissent pas, des trésors qui ne se dissipent pas. Entasser des économies pour des héritiers qu'on ne verra jamais, quoi de plus insensé.»
Nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Dieu prendra soin de nous. Dieu prend soin de vous avec tendresse. Le coeur de Dieu bat d'amour. Il vous chérit, il vous aime d'un amour au delà de toute compréhension humaine, vous êtes précieux à ses yeux tel que vous êtes. Que votre vie soit inondée de la tendre bonté de Dieu.
- Amen, conclut madame la présidente en se levant pour remercier l’invitée de marque.
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Les participants ont été très généreux ce soir-là, madame la présidente était contente.
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Moi, Jeanne, présidente de l’Association des serviteurs et servantes de
Ne tournez pas le fer dans la plaie, j’ai besoin d’un mâle, notre mariage est une catastrophe, mon mari ne me touche plus depuis qu’il couche dans la chambre d’amis, j’ai le feu au garage, oh! Dites-moi que vous m’aimez, et vous refusez de vous donner à moi, je vais mourir, merci ce fut une belle journée, votre discours est édifiant, je pense à mes devoirs de sainte femme avec bonnes résolutions, je pleure, je prie, je m’agenouille sur le plancher froid, je m’excuse auprès de mon saint homme pour mon comportement injuste, mon cœur se brise, brise-glace, glace à la vanille, il réprime encore ses émotions, je provoque des érections, il n’aime pas laisser paraître ses pensées les plus secrètes, il bande mais ne veut pas le laisser voir, je le sens sous sa soutane noire et surplis blanc, il sue et respire bruyamment, il est effrayé et déconcerté, mais il n’a rien à craindre, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guérie, sa souffrance est énorme, lui un homme d’esprit divin et moi une femme amère et frustrée, il veut que je l’aide à comprendre les raisons de ce malentendu entre nous, je vous aime, ô chasseur de démons, ô ami de Dieu! mon mari, mon amant, mon homme, mon mâle, ne me torturez plus par vos silences et vos absences.
Ô Père très beau! Ô mon amour! Usez et jouissez des bontés de la nature féminine, soyez bienveillant pour moi, faut-il que je pêche davantage pour être aimée de vous, j’aime le péché, avant d’être exorciseur vous êtes un homme, avec tous les attributs masculins, je ne veux plus d’autres hommes, lui seul, seulement lui, only him, I love him, il ne dit rien, regarde autour, y a-t-il une autre avec qui il aimerait mieux être, je ferai des acrobaties, je volerai de nuage en nuage, un mur s’élève entre nos jardins, mon âme aspire à Dieu mais ma voix crie vers lui.
Lavez-vous de vos impuretés, fouillez dans tous les recoins de votre âme et apportez toutes vos fautes à mon confessionnal, je vous laverai, vous purifierai, oui je le veux, lave-moi, lèche-moi, partout, partout, partout, je suis vilaine, et sale, ô mon homme chéri, je connais votre cœur, votre beau cœur, rouge, avec arc et flèche, il a une peur bleue des femmes, il se moque de moi, il me maudit, il me repousse.
Ô Seigneur, délivrez-moi de ma torture, je mets mon espoir dans le Seigneur, libérez-moi des méchantes attaques du démon, de ses pompes et de ses œuvres, j’erre comme une âme en peine, mon sang ne fait qu’un tour, je vais mourir, je suis nue et je l’attends, il ne viendra pas, il est parti dans son pays, son pays bleu, tout ce qui brille n’est pas or, je renonce à Satan, mon terrain de jeux est ouvert pour la nuit, exceptionnellement pour mon amant lointain, le beau moine faiseur de sermons sur la montagne, benedicamus Domino, je n’ai pas trouvé les mots pour le séduire, ô mon cher amour! Ô mon homme! Il ne sait pas à quels saints se vouer, ni à quels seins, les miens sont disponibles pourtant, il prend son air innocent. Qu’allez-vous boire ? ceci est mon sang, prenez et buvez, le cow-boy fait le tour de la montagne, le cratère est ouvert et la lave s’écoule lentement sur le drap fleuri, le bonheur est sur l’autre rive, une femme n’est pas toujours jeune et belle, c’est à trente ans que les femmes sont belles, dit la chanson, et après elles sont frustrées, voulez-vous danser avec moi ?
La tête me tourne, mes souliers sont trop petits, je me nourris d’illusions, je le sais, j’entends frapper à la porte, c’est lui, qui revient, contrit, il regarde par le trou de la serrure, je suis nue sur le lit, grande ouverte comme l’enfant qui vient de naître, je brûle d’amour, les yeux exorbités, je n’ai rien de neuf à vous dire, ayez pitié de moi, j’ai fait vœu de chasteté, mon amant a un grave problème, il est trop gêné, gêné par sa soutane, sa froc de bure, il ne veut pas se déshabiller, il a fait vœu de chasteté lui aussi, je l’aime désespérément, je n’ai plus de mari, il est parti à la guerre, la guerre en Indochine, je n’ai plus de parents, ils sont morts de la fièvre aphteuse, donner son amour à quelqu’un est le plus cadeau que l’on puisse faire, ceci est mon corps, ceci est mon sang, mangez et buvez, à même le robinet, il fait chaud, ils ont mis une porte de moustiquaire au tabernacle, fait chaud en criss, il murmure un secret à mon oreille, gonflée à bloc, ses bras s’ouvrent et se referment, son bassin monte et descend, je sens sa rigidité dans mes entrailles, le fruit de vos entrailles est béni, je suis vierge et nymphomane, bénissez-moi mon père parce que j’ai péché, péché contre toi et contre moi,
je jouis,,, oui… oui… oui… oui…iiii.
Alléluia…
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