Sainte-Jeanne-de-la-Grenouillère

Dans ce récit, tout est véridique,
sauf les noms de personnes.

Dans une association de bonnes dames pieuses, il se passe en coulisses des rivalités,
des racontars, des médisances, des calomnies, des magouilles et toutes sortes de méchancetés.
On y retrouve des lettres, des téléphones, des enrégistrements audio, des articles de journaux,
des communications reçues et envoyées. Plein de gens à double facette.
Soit la sainte hypocrisie de ces nobles grenouilles de bénitiers.
Protégez-vous et protégez ceux que vous aimez avec l’armure qu’on vous a donnée. Ne succombez pas aux faussetés qui vous entourent, aux menteries et aux demi vérités.
Message pour toi, mon enfant chérie : tu avanceras dans ta mission comme le Père t’a dirigée. Ne te soucie pas des démarches à faire. Le chemin apparaîtra devant tes yeux mêmes. Le monde te rejettera comme il a rejeté mon Fils, mais tu seras acceptée par le Père qui est au Ciel.
Ce n’est pas la louange du monde que tu dois rechercher mais tu feras ton chemin lentement et avec persévérance vers le Royaume. L’orgueil, mon enfant, ne doit jamais entrer en toi, car l’orgueil est un grand péché aux yeux du Père. Ne te soucie pas de ceux qui cherchent à t’éloigner de ta mission et des lieux sacrés. Tu seras très patiente. Le Père a un plan pour toi. Reste solide dans la foi. Nous t’attendons dans le Ciel.
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Ce dimanche-là, monsieur le curé y va de son petit sermon de circonstance :
« Nous sommes tous des gens honnêtes et respectueux des lois, sans animosité dans le cœur. Nous sommes horrifiés à l’idée qu’un d’entre nous s’est rendu coupable d’actes aussi affreux et nous prions le Seigneur pour qu’Il ait pitié de nous.
« Je vous rappelle qu’on ne peut jamais relâcher sa vigilance. Satan est parmi nous et il prend de multiples visages. Il peut tenter de nous ressembler et d’agir comme nous, mais il n’est pas un de nous. Et nous devons toujours rester sur nos gardes, prêts à combattre le mal quand et où nous le rencontrons, prêts à nous protéger de lui et à protéger ceux que nous aimons.
« Au nom de Notre-Seigneur-Jésus-Christ. Amen. »
Sur le perron de l’église, après la messe de onze heures, les commentaires vont bon train :
- " C’est grave et monstrueux ", déclare le président du conseil de fabrique,
- " Ce présumé pédophile opérait près des écoles et entraînait ses victimes dans des lieux isolés, les menaçant d´un couteau lorsqu´elles opposaient une résistance, selon l´acte d´accusation ", dit l’un.
- " Nombre de sectes sont dangereuses pour les enfants. ce n´est une découverte pour personne ", répond un autre.
- " Parmi les organisations douteuses, les Associations de grenouilles de bénitiers se distinguent. Pendant que les bonnes femmes prient à genoux et les bras en croix, leurs bonhommes tripotent les petites filles pis les petits gars."
- " Bin nous autres, aux Dames de Sainte-Anne, nous avons commencé une neuvaine à la bonne Mère de
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Madame la présidente est assise sur la chaise du seul salon de coiffure de ce petit village et se fait tresser les cheveux qui se jouent sur sa nuque. Cette natte mignonne, perdue dans la masse de ses cheveux soigneusement relevés, permet à l’oeil de suivre avec plaisir la ligne onduleuse par laquelle son cou se rattache à ses épaules. Ce petit détail prouve le soin qu’elle apporte toujours à sa toilette. Elle tient à réjouir les regards des hommes. Quelle charmante et délicieuse attention !
Elle a compris ses obligations de femme de tête, elle est une présidente fière et elle a dans l'âme les élégances de son extérieur, elle fait le bien en public, elle sait adorer sans calcul, elle aime ses proches comme elle aime son Dieu. Aussi semble-t-il que
Son teint si blanc jadis a pris ces tons chauds et nacrés que les peintres adorent. Son front large et bien taillé reçoit avec amour la lumière qui s' y joue en des luisants satinés. Sa prunelle, d’un bleu de turquoise, brille, sous un sourcil pâle et velouté, d’une extrême douceur. Ses paupières molles et ses tempes attendries invitent à une muette mélancolie. Son nez, d’un contour aquilin, mince, a je ne sais quoi de royal. Sa bouche, pure et bien coupée, est embellie par un sourire aisé. Ses dents sont blanches et petites.
Elle a pris un léger embonpoint, mais ses hanches délicates, sa taille svelte n’en souffrent point. Elle est encore désirable.
- Connaissez-vous Manon, la jeune secrétaire de
- En réalité, non.
- Eh bien, je ne devrais probablement pas vous le dire … mais…
- Très bien, alors ne me le dis pas.
- …de toute façon…
- Si je sors de la pièce, cesseras-tu de m’en parler ?
- Hé, attendez. Vous n’allez jamais croire ce que j’ai à vous dire.
- Ça ne m’intéresse pas vraiment. Les paroles de commérage sont comme des friandises ; elles descendent jusqu’au fond des entrailles. Dès qu’un commérage entre dans nos oreilles, il devient une partie de nous-mêmes.
- Oui mais …
- Je ne ferai pas partie de la machine à rumeurs, m’entends-tu ?
- Oui mais …
- J’ai un jour entendu une femme dire : « Les commérages sont les mauvaises herbes dans le jardin de la vie…
- C’est bien vrai.
- … Tirer d’un coup sec sur une mauvaise herbe est le meilleur moyen de la voir réapparaître dans un jardin bien entretenu. »
- Maudit que c’est bien dit.
Une lettre:
Chère Sainte-Nitouche,
J'accepte vos excuses !!!! Mais je vous trouve extrêmement sévère envers moi... Sincèrement, en vous lisant, j'étais blessé.
Tant pis... Je ne vous en veux pas...
Le courage de votre commentaire aurait été plus juste si l'on pouvait vous répondre directement. Seulement on ne peut pas...
Quant à Gérard, grand courageux, lui non plus, n'assume pas son commentaire. Laissez votre e-mail qu'on puisse vous joindre.
Quand à voir un "opportunisme malsain", vous jugez sans savoir... Ce mot s'adressait à vous et votre mari.
Je n'ai pas la culture, ni l'à-propos de certains...
A bon entendeur, salut !!!
Parterre et mezzanine
Drrrrring…. Drrrrring…. Drrrrring….
- Allô!
- Bonjour Jeanne, c’est Mariette.
- Bonjour, comment ça va ?
- Ça va bien. Je t’appelle de Saint-Gabriel.
- Ah bon!
- J’te dérange pas toujours.
- Mais non pas du tout. Est-ce que tu as passé une bonne fin de semaine ?
- Oui, oui, très bonne. J’t’appelle pour t’en parler justement. J’ai été à la p’tite chapelle au bord du lac…
- Ah! Mon Dieu!…
- J’ai trouvé qu’il est arrivé des choses très providentielles.
- Vraiment ?
- Oui. Parce que tu sais, avec tout ce que j’avais entendu de racontars de toutes les sortes, à votre sujet comme du mien, bin… savais pu quoi dire. Mais je veux que le travail pour
- C’est ça.
- Et moi, bin, j’ai essayé de faire le tampon, de faire la médiation, de faire la paix. Tu comprends ? Alors c’est pourquoi je dis que c’est absolument providentiel que monsieur et madame Dugré…
- Ah! Mon Dieu!
- … soient passés par là…
- Ah! Mon Dieu!
- … vendredi…
- Ah! Mon Dieu!
- … et je trouve…
- Ah! Mon Dieu! Ah! Mon Dieu!
- En tout cas…
- Je te laisse parler.
- En tout cas, je ne connais pas beaucoup ces gens-là, ça n’fait pas longtemps que j’y vais. Alors, avec ce que j’ai entendu… pis eux-autres qui sont passés par là… bon, disons…que moi dans tout ça…
- Enweye accouche.
- Ouais!… À la messe aujourd’hui dans le Prions, c’est le dimanche des missions… On parle justement de paix… J’ai fait une lecture…
- Et puis ?
- Puis les prières communautaires. Ça fait que j’ai dit : Esprit-Saint, rejoints tous les cœurs ici présents pour qu’ils comprennent et qu’ils mettent de la bonne volonté et non de la rivalité. Exauce-nous Seigneur.
- Mmmmmmm…
- Y faut pas de rivalité si on travaille toutes pour
- Mmmmmmm…
- J’ai mis mon grain de sel…
- Mmmmmmm…
- Oui, oui, c’est ça.
- Mmmmmmm…
- J’voulais faire tomber l’agressivité que je voyais chez madame et… pis… j’ai battu le fer…
- Mmmmmmm…
- …pendant qu’il était chaud…
- Ouais!
- … et pis… c’est ça… je te dis… c’était providentiel.
- Mmmmmmm…
- Que je sois là pis qu’elle passe par là…
- Mmmmmmm…
- …
- J’vois pas ce qu’il a de providentiel dans ça »
- Bin, qu’on se soit rencontré…
- Mmmmmmm… Justement j’en parlais ce matin…
- C’tu vrai ?
- Oui. Germaine est venue ce matin…
- C’tu vrai ?
- … pis elle disait que…
- C’tu vrai ?
- … que… qu’elle est allée très loin cet été… qu’elle est allée jusqu’à…
- Quoi ?
- … jusqu’à dire que… c’est allé jusqu’à l’évêché, encore une fois…
- C’tu vrai ?
- … elle a dit que… que… nous avions une maison de débauche et que les gens ne devraient plus venir ici… que j’avais une secte… une secte de pervertis… En tout cas… c’est toute une histoire, j’veux pas recommencer tout ça parce que c’est bin ennuyant pour tout l’monde.
- Ouais !… Ouais!… De toutes façons…
- Et pis moi alors ?… Hein ?… Germaine est bin découragée des propos que cette vache de Dugré tient… Elle déteste ça, elle… elle… elle me rend malade. J’en peux pu. Suis rendue au boutte de mon rouleau.
- Ouais! J’comprends.
- Et justement elle disait ce matin : mais qu’est-ce qu’on peut faire ? Bin moi j’ai dit à plusieurs reprises durant l’été et à presque toutes les réunions du CA… j’ai essayé de… de… de tendre la perche à madame Dugré…
- Oui ?
- Parce qu’au fond, qu’est-ce qu’elle me reproche ? J’le sais pas exactement, tsé… Mais je sais qu’on m’a dit : elle a peur de vous… c’est pas possible comment. Pas peur dans le sens que je vais la battre, là, non. Peur… peur… peur de ce que je fais. Bon, en tout cas… Et aussi ce sont des gens qui viennent ici depuis longtemps… en tout cas, ce que je peux dire… c’est que… que… à plusieurs reprises cet été, je me disais que c’était tellement ridicule, tsé… si on travaillait plutôt la main dans la main…
- Bin oui!
- … ça s’rait tellement plus simple. À plusieurs reprises, je suis allée la voir, je lui ai tendu la perche, je ne suis pas allée la voir chez-elle mais… je lui ai tendu la perche, tsé… pour… e… e…
- … pour la réconciliation ?
- Oui. Oui, c’est ça. Pour la réconciliation. Faut croire… je faisais croire que je n’savais pas ce qu’elle avait fait, je faisais semblant que j’le savais pas, bon…
- Ouvrir le dialogue…
- … j’voulais même pas dialoguer parce que je savais que tu ne dialogues pas avec madame Dugré. Ça, tout l’monde le sait. Mais je me disais : on va faire comme si de rien n’était…
- Ouais!
- … j’vais lui tendre la main, comme à n’importe quelle autre, comme si on avait toujours été… e… des…
- Collaboratrices…
- Ouais, c’est ça. Oui… Pis ah!, il n’y avait rien à faire. C’était… c’était effrayant. Même, tsé, quand on donne la main, à la messe, pour souhaiter le paix… Eh bin!… elle s’est r’virée de bord assez raide, pour pas me voir… Elle souhaitait la paix aux gens derrière elle… Faut pas être aveugle… ni sourd.
- Ouais!
- Pis une autre fois, on était à la chapelle des Lampions à Saint-Alphonse-de-Rodriguez, j’ai essayé de lui tendre la main… e… de lui tendre une perche. J’avais demandé au Bon Dieu : Donnez-moi une occasion… pour ne pas que ça paraisse trop d’une provocation, donnez-moi une occasion… une occasion où je pourrais lui parler, une occasion où je pourrais lui rendre service, quelque chose ou n’importe quoi qui me permettrait de l’approcher, justement sans que ça ait l’air d’une provocation…
- Pis ? ça n’a pas marché ?
- C’est ça… Y a jamais rien eu…
- Ouais!
- Par exemple, elle avait fait pousser des fleurs devant l’entrée de la chapelle, qui étaient vraiment, mais vraiment superbes. Tsé, elle a le pouce vert pas ordinaire, pis elle a le tour vraiment. Franchement là-dedans elle réussit bien. Pis moi… les fleurs, là-dedans j’vaux pas cinq cennes noires. Je dépense des fortunes pour faire pousser des fleurs devant la maison pis y a rien qui pousse…
- T’es comme moi.
- Poison vif!
- Ouais!
- Ça fait que… Ah bin elle!, que j’ai dit, regarde donc… Je me retourne pour l’appeler : hé!, madame Dugré… Mais elle n’est plus là… est partie… partie vite… j’viens pour l’appeler mais… est partie. Je dis à Germaine qui était à côté de moi : dis-lui que je veux lui parler, dis-lui…
- Pis ?
- … dis-lui que je veux la féliciter pour ses fleurs…
- Pis ?
- Elle ne m’a jamais appelée. J’ai dis : coudons!… Ça remonte à loin, tsé, c’t’affaire-là. C’n’est pas d’aujourd’hui… Une autre fois, je sors de ma chapelle juste au moment où elle venait pour y entrer. Y avait beaucoup de monde ce jour-là, y avait une fête de
- Ouais!
- Alors tout l’monde est resté figé, saisi, parce que là… là… tsé… y avait… une limite… Moi j’y allais avec tout mon cœur… pis… e… e… e…
- Ouais !… Ouais!…
- … avec tellement un désir de réconciliation… Ça fait que, au lieu d’aider, ça a nui… oui, ça a nui… Juste devant chez-moi, devant ma chapelle…
- Ouais!
- Les gens viennent ici avec des bonnes intentions et pour honorer notre Très Vénérable Vierge Marie et pour prier et pour chercher l’amitié…
- Pis ça, bin, ça aide pas.
- Elle s’est mise bin du monde à dos c’te fois-là.
- Exactement. Et c’est pour ça que je disais tantôt que ça avait été providentiel vendredi. Cette rencontre était providentielle. Et Germaine en a été témoin…
- Et quoi ? Était là elle aussi ?…
- Bin oui.
- Mmmmmmm…
- Germaine est bonne…
- Oui, c’est du bon pain.
- … c’est un instrument de paix…
- … mais qu’est-ce qu’elle faisait là, elle ?
- Elle vient souvent.
- Ah oui ? C’est un instrument de paix ? du bon pain ?…
- Oui. Elle est appelée à … à… Y faut que les choses s’arrangent avant… avant que… avant que…
- Avant que quoi ?
- …e… e… e…
- En tout cas… C’est ça le malheur… e… J’ai dit : Germaine, ça pu de maudit bon sens. Je veux bien pardonner à madame Dugré… ce qu’elle me fait à moi, ça n’a pas d’importance, c’est pas grave, parce que sa personne pis la mienne sont deux choses mais là j’ai dit qu’est rendue qu’elle attaque l’Oeuvre, dans laquelle j’ai mis toutes mes énergies, depuis tant d’années, tout mon cœur…
- Oui, oui, je sais.
- C’est l’Oeuvre elle-même qu’elle attaque quand elle me fait passer pour une personne qui a une secte perverse et que j’ai ci pis que j’ai ça, le sidi pis le sida, et patati et patata… Ça finit pu…
- Bin sais-tu, Jeanne, qu’est-ce que… qu’est-ce que… qu’est-ce qu’elle prend mal surtout ?… C’est que… bon… sais pas trop comment te dire… ils ont dit que…
- Envoye, accouche.
- … que tu faisais partie du groupe avant…
- J’faisais partie du groupe ? Mais c’est moi qui l’ai fondé s…sac…
- … pis que là, ils t’avaient confié le côté spirituel, parce que… qu’ils voyaient que t’étais pieuse, bon…
- Oui, oui, accouche.
- … bon, là, à un moment donné, y ont bin mal pris que tu sois pu avec eux-autres. C’est ça…
- Comment j’suis pu avec eux-autres ? … C’est bin l’contraire… c’t’eux-autres qui ont r’viré … qui…
- … ils en reviennent toujours à ça… Ils disent : on lui avait confié le côté spirituel, bon là c’est très bien, pis elle a parti ça…
- Quoi ça ?
- … pis est à part des autres…
- Quoi ça ?
- … est pu avec nous-autres…
- Quoi ça ?
- … Fait que là ils sont très très blessés …
- Quoi ça ?
- … de ça parce qu’ils disent… qu’on fait deux affaires à part…
- Quoi ça ?
- … alors y comprennent pu…
- Quoi ça ?
- Ils disent que vous avez une secte de… e… dangereuse pour les enfants…
- Bon.
- Alors nous-autres… nous autres…
- Parce que t’es avec eux-autres ?…
- Oui… mais nous-autres c’est les esclaves de Marie…
- Ah bon !
- Pis toi déjà, c’est quoi ton association ?
- Les serviteurs et servantes de
- Nous autres, c’est les esclaves de
- Bin oui, r’gardons ça. C’est presque du plagiat.
- C’est ça que j’voulais te dire.
- Merci bien.
- Mais moi, j’essayais de dire que ce sont deux bonnes œuvres quand même et que… que l’une ne devrait pas nuire à l’autre et que quand même que Jeanne n’est pas avec vous-autres, elle doit savoir ce que
- Elle n’a pas demandé de se faire la guerre…
- En tout cas…
- Elle t’a pas raconté ça comme ça s’est réellement passé, par exemple.
- Peut-être pas mais…
- Voilà… Voilà d’où vient le problème…
- Quel problème ?
- Chacun raconte à sa manière… Pis comme c’est très long et que t’es sur un appel interurbain, quand je te reverrai, je te raconterai les choses telles qu’elles se sont réellement passées.
- O.K.
- C’est pas moi qui ai quitté l’œuvre…
- Ah bon! Ouais!
- J’suis encore ici.
- Je vois.
- J’ai été tassée dans l’coin…
- Alors c’est pas…
- … j’ai été tassée parce que j’en faisais trop, j’ai été mise dehors… limogée.
- Oh!
- On s’en reparlera si tu veux.
- C’est ça.
- Bonne semaine !
- À la prochaine !
- Bye.
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Une partie des gens présents à la messe, ce dimanche-là, s’est retrouvée au Resto-Bar Evelyne, à quelques pas de l’église. Les discussions sont animées, surtout après une ou deux ou trois bières prises comme apéritif. On s’interpelle d’une table à l’autre.
- J’te dis, saint cibouère, qu’y va s’en réchapper l’enfant d’chienne. Son avocat va tout faire pour le tirer de là. Tout faire, j’te dis.
- Y a assez fait de mal aux enfants lui depuis vingt ans, y était temps que qu’qu’un fasse qu’qu’chose. L’enquêteur affirme qu’il a tout c’qui faut pour l’envoyer à l’ombre jusqu’à la fin de ses jours.
- C’est long toutes ces procédures, c’t’à pu finir. J’ai bin hâte d’entendre le fameux détective-enquêteur. Y paraît que lui y en sait long.
- Moi j’pense qu’il va s’en tirer, y a d’l’argent pis y va s’payer des bons avocats.
- C’est certain!
- Bin non! Bin non! Ayez confiance. Si c’est vraiment lui qui est le pédophile, il va être condamné. La justice finit toujours par triompher. En tous cas, moi, j’ai confiance.
- Nos enfants vont enfin pouvoir jouer dehors sans crainte d’être kidnappés…
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