Mercredi 9 août 2006

Histoire de la fondation de l’œuvre  

L’Association des serviteurs et servantes de la Très Vénérable Vierge Marie

            Réunion mensuelle des membres, tenue à Montréal, au local de l’œuvre, situé au sous-sol de l’église Saint-Barthélémy,

gracieusement mis à leur disposition par monsieur le curé.

 

Madame la présidente ouvre l’assemblée par une prière :

- Commençons par demander l’aide du Saint-Esprit …

            Seigneur,  je voudrais d’abord te présenter cette assemblée. Ce sont tes enfants et c’est toi qui connais leurs besoins. Je te demande de mettre sur mes lèvres et dans mon cœur seulement les paroles qu’ils ont besoin d’entendre. Pas plus. Je te demande, Jésus, de passer dans cette assemblée, de toucher chacune des personnes, d’imposer toi-même ta main pour préparer leur cœur à accueillir ton message. Et toi, Esprit-Saint, fais que cette semence, ce soir, tombe dans une bonne terre, pour qu’elle porte des fruits pour chacune des personnes présentes et pour ton Église. Je te demande que personne ne soit blessé de ce qui va se dire ici, que personne ne se sente découragé ou frustré. Que tous se sentent appelés à la sainteté, qui est l’appel de notre baptême. Je t’en remercie, Seigneur. Amen.

- Suite à de nombreuses demandes de la part de plusieurs d’entre vous, chers membres, je vais, ce soir, vous raconter comment le Seigneur s’y est pris pour fonder cette Œuvre. Et mon témoignage est un témoignage de sa grande miséricorde.

            Nous sommes tous pécheurs, nous le serons toujours. Jusqu’à la fin de nos jours. C’est la nature humaine. Le témoignage que je vous apporte vient vous montrer la vraie miséricorde de Dieu, pas une miséricorde mièvre mais une miséricorde tellement grande, qu’Il se penche dans notre péché, nous en arrache puis,  après nous en avoir arraché, Il s’en sert pour qu’on travaille pour Lui, pour qu’on comprenne les autres, pour qu’on comprenne celui des autres.

            Je voudrais que vous portiez une attention spéciale à la main de Dieu, dans toute cette histoire-là. C’est vraiment du mystique, c’est hors de l’humain, c’est divin. Il n’y a pas d’autres explications. Et c’est pour ça que c’est si beau.

            Ce n’est pas mon Œuvre, c’est l’Oeuvre du Seigneur. Et j’aimerais qu’on parte d’ici ce soir émerveillé de ce don que Dieu a fait pour ses enfants chéris et de ce qu’Il continue de faire. C’est parce qu’Il nous veut tous, sans exception.

            Je me suis mariée, moi, à l’âge de dix-huit ans avec les meilleures intentions du monde et mon mariage a été un fiasco. Je ne vais pas vous raconter pourquoi il a été un échec, je ne suis pas ici pour dénigrer mon ex-mari mais pour vous raconter ce que le Bon Dieu a fait de mes désirs.

Alors je suis demeurée avec mon mari pendant six ans, je suis tombée enceinte et j’ai eu un garçon que j’ai élevé seule, la plupart du temps. J’ai lutté de peine et de misère en espérant que mon mari changerait. J’étais croyante et pratiquante. Tout le monde pratiquait sa religion à cette époque. J’étais donc comme tout le monde. J’avais la foi, mais, on peut dire, une foi non éclairée. J’étais catholique, j ‘allais à la messe le dimanche mais je ne comprenais pas tellement ce qui se passait. Parce qu’il est bien sûr que si, à cette époque, j’avais eu la foi que j’ai aujourd’hui, j’n’aurais pas quitté mon mari. Car je l’ai quitté. Et le Seigneur a travaillé avec ça.

Après six ans donc, après beaucoup de luttes pour sauver mon ménage, j’ai décidé de quitter mon mari. J’avais 24 ans et un enfant de dix-huit mois sur les bras. Il y a maintenant vingt-deux ans de ça. C’n’était pas facile à l’époque, parce que le divorce était tout un drame. C’est encore un drame de nos jours mais on s’y est habitué. C’est malheureux à dire mais c’est ça. On s’y est habitué, il y en a tellement. Mais dans mon temps, c’était vraiment une catastrophe épouvantable. Et ma mère avait tellement honte de sa fille qu’elle disait : j’aimerais mieux qu’elle soit morte.

Mais le Seigneur ne le voyait pas du même œil et Il a travaillé avec ça. Et au bout de quelque temps, j’ai rencontré Maurice Boivin, qui était célibataire, soit dit en passant. Et nous sommes tombés en amour. C’est sûr que, étant croyante, je connaissais la parole de Dieu. Bon. Je la connaissais, mais pas comme aujourd’hui. Moi, j’étais quand même droite dans ma conscience et je savais ce que la parole disait : celui qui répudie sa femme et en épouse une autre est adultère. Et vice versa, pour la femme.

Saint-Paul dit plus loin : Celui qui laisse sa femme… (ou celle qui laisse son mari)… le (ou la) place dans une situation d’adultère. Voilà ce que dit Saint-Paul. Alors je ne voulais pas me remarier civilement parce que, je me disais, ce n’est pas un vrai mariage. Un mariage, au niveau de la loi, oui bien sûr, mais non au niveau de Dieu. J’étais déjà mariée. Puis je savais que le mariage est un sacrement et qu’il est indissoluble. Seule la mort peut dissoudre le mariage. Alors je refusais le mariage civil, n’y croyant pas. Je n’étais pas pour assassiner mon mari quand même.

Je suis donc allée à l’évêché pour voir s’il n’y aurait pas une clause de nullité de mariage, parce que je croyais qu’il y avait quelque chose de sérieux. Après étude, on m’a dit que non, que j’étais bel et bien mariée pour la vie. J’ai eu de grosses luttes à ce moment-là. Je savais que j’avais un choix crucial devant moi, hein! Dieu ou Maurice Boivin. C’était difficile. Et j’ai choisi de refaire ma vie avec Maurice. Parce que, voyez-vous, à 24 ans, je ne me voyais pas toute seule, toute la vie, avec un enfant à élever et une petite pension du Bien-Être social. Je ne pouvais pas faire face à ça. Vous savez, dans les séparations, il y a des drames qui sont tellement grands. Il ne faut pas juger ces gens-là et encore moins les condamner. On doit plutôt se pencher sur leur misère et leur aider.

Alors donc, on s’est mis en ménage, Maurice et moi, et nous avons eu un fils ensemble. Et quelques années plus tard, je suis tombée enceinte pour un troisième. Mais j’ai fait une fausse couche. Maurice m’a transportée à l’hôpital parce que j’étais en hémorragie. Et à l’hôpital normalement, on aurait dû m’administrer un sérum pour épaissir le sang et arrêter l’hémorragie. Mais il y a eu erreur : on m’a plutôt administré un sérum pour éclaircir le sang. Et je suis demeurée avec ce sérum longtemps, longtemps, longtemps, avant qu’une garde s’en aperçoive. Et quand elle s’en est aperçue, elle a tout débranché. Mais le mal était fait. La perte de sang était incontrôlable. Je suis venue à un cheveu de la mort. Le médecin ne pouvait plus rien. Il me le disait d’ailleurs.

J’ai essayé pendant cette nuit, car c’était la nuit, de rejoindre Maurice qui était retourné à la maison. Le Seigneur avait déjà tout préparé. Écoutez bien ça… Le téléphone était en dérangement et je n’ai pas pu rejoindre Maurice. Donc, je me voyais face à la mort, seule, toute seule. Je le savais : le médecin le disait. Je savais que je ne passerais pas la nuit et que je me présenterais de l’autre côté. Et je n’ai absolument pas pensé à prier et faire acte de contrition, à demander pardon au Seigneur; je n’ai pas du tout pensé au Bon Dieu, pas une miette. Je pensais à mes deux enfants, qui avaient à ce moment-là six et onze ans. Et quand j’ai vu que je ne pouvais pas rejoindre Maurice, alors je me suis retournée vers le mur pour pleurer.

Il y avait là un grand Christ en plâtre blanc, je l’ai regardé et lui ai dit : Jésus, j’suis comme toi, j’ai pu de sang dans les veines, j’suis aussi blanche que toi. Tu n’peux pas venir me chercher comme ça, mes enfants sont bien trop jeunes et ils ont besoin de moi à la maison. Ils ont deux pères différents pis ils vont être séparés sans jamais plus se revoir. Pis ils s’aiment tellement ces enfants-là. Ils sont trop jeunes pour vivre ça. Je te demande, Seigneur, de m’accorder cinq ans de vie.

Ma mère m’a dit, quelques jours plus tard : sais pas c’qui t’a pris, niaiseuse, de demander rien que cinq ans. À l’âge que t’as, t’aurais pu en demander au moins vingt-cinq. J’ai vraiment pas réalisé pourquoi cinq. Mais avec le recul, on sent bien la main de Dieu, on la voit, on la sent là et l’Esprit-Saint qui était derrière. Je sais bien que normalement j’aurais dû demander plus longtemps. C’est niaiseux de demander seulement cinq ans.

Pis moi, je peux vous dire une chose. Dans la vie, souvent on se dit : Ah! J’aurai bien le temps de me convertir sur mon lit de mort et puis on prend un peu de bon temps et on jouit de la vie pendant qu’elle passe. Mais ça ne se passe pas toujours de même. Faites attention, soyez toujours prêts. Parce que quand ça arrive, on est tellement malade qu’on ne pense pas au Bon Dieu; on ne pense rien qu’à lutter contre la mort. On court après notre souffle puis on ne pense pas au Seigneur. Croyez-moi, ça m’est arrivé. C’est pour ça qu’il ne faut pas attendre à la dernière minute. Faut se tenir prêt.

Alors moi, j’ai demandé, j’ai dit au Bon Dieu : Écoute, je te demande cinq ans. Pendant ce temps, je vais préparer l’avenir de mes enfants puis après tu viendras me chercher. Je te donne ma parole d’honneur.

J’ai fait un pacte avec Dieu : ma parole d’honneur que je vais le suivre sans rouspéter. Puis je ne lutterai pas contre la mort comme je le fais présentement; je te suivrai puis je serai bien contente parce que tu m’auras guérie. Mais là, je ne savais pas s’Il allait dire oui ou non. Je savais que ma vie était entre ses mains. Puis là j’ai fait un acte d’abandon total.

Au même moment… Vous dire ce que j’ai vécu là… c’est… c’est vraiment… heu… comment dire?… J’ai été comme enveloppée dans un manteau de paix. J’ai perdu mes peurs, je n’pensais plus à mes enfants, je n’pensais plus à rien. J’étais en paix. Je sentais la vie revenir en moi, comme un léger tourbillon. Je n’avais plus à courir après mon souffle, c’est lui qui me rattrapait. Mes jambes, que je n’étais plus capable de plier depuis deux heures, se sont dépliées et je sentais mon pouls, mon cœur rebattait et se remettait en marche. La vie revenait. Puis le médecin s’est dérangé et est venu faire un curetage. Il m’a dit alors :

-         T’es allée r’vier chez Saint-Pierre pis t’es r’venue ?

-         Oui, je l’sais.

-         Nous autres, nous n’pouvions plus rien pour toi, parce que, vois-tu, juste l’anesthésie, ton cœur ne l’aurait pas supportée. Tu serais morte sans qu’on puisse faire quoi que ce soit.

Puis tout est rentré dans l’ordre. On m’a opérée. Je savais que le Seigneur avait fait un miracle mais je n’avais pas l’audace de le dire. Je n’avais pas assez de foi. Je ne m’en suis pas vantée; j’lai jamais  dit à qui que ce soit. 

            Et je suis finalement sortie de l’hôpital et, croyez-le ou non, je n’ai même pas pensé à remercier le Seigneur pour le don de la vie qu’Il m’avait redonné. Comme on est ingrat! Quelle ingrate je suis ! J’ai fait des belles promesses au Bon Dieu, Il les exauce pis… on oublie tout.  On oublie de le remercier. Peut-être pas vous autres là… mais moi, oui. Je suis une ingrate. Une infâme. 

            Je suis sortie de l’hôpital donc, avec une seule idée en tête, une idée fixe : j’ai cinq ans pour préparer l’avenir de mes enfants. Faut que j’me grouille. J’ai cherché un emploi. J’ai cherché, frappé à différentes portes et, le Seigneur aidant, j’ai trouvé. Je sais que le Seigneur s’est mêlé de mes affaires. Dans une boutique, six jours par semaine, douze à quatorze heures par jour. J’ai travaillé énormément. Et le temps passait. Je me suis acheté une maison, un beau duplex, flambant neuf. Sans beaucoup d’argent à donner en capital mais j’ai mis une assurance hypothèque dessus. C’était à mon nom. Donc, le jour de ma mort, je savais que la maison serait claire. Comme je n’avais que cinq ans à vivre, on s’est payé du bon temps. Maurice faisait de gros salaires. Alors on a dépensé, je suis devenue une poupée mondaine, me myself and I, la coiffeuse deux fois par semaine, la masseuse, l’esthéticienne, les boucles d’oreilles en or, les bijoux, pis envoye donc par là. J’étais très orgueilleuse. Je le suis encore. J’ai du chemin à faire mais ça va venir. 

            Un peu plus tard, j’ai acheté une autre maison. Je l’ai eue pour une bouchée de pain. Et encore une assurance hypothèque. Ce qui fait qu’en mourant, mes enfants auraient chacun leur maison.  J’avais casé l’avenir de mes fils dans pas grand temps. J’étais d’affaires. 

            C’est pour ça justement que le Bon Dieu est venu me chercher. Il a besoin de gens d’affaires pour travailler pour lui, pour son Royaume. Pendant ce temps-là, le temps passait. Et au lieu de m’occuper de mes enfants pendant qu’ils en avaient besoin, je gagnais de l’argent pour leur assurer un avenir matériel. On les aime mal des fois. J’aurais peut-être été mieux d’être à leur côté, pendant ces cinq années. Mais moi je gagnais de l’argent, pour leur avenir. 

            Alors, un soir, j’étais étendue sur mon lit et il me vint à l’esprit, tout à coup : ça fait cinq ans. Le temps est écoulé. Ça passe vite, hein! Ces cinq ans, je ne les ai pas vus. J’ai commencé à calculer. De février à février, ça fait bien cinq ans. Le Seigneur me réveillait et Il respectait sa parole. Il m’avait laissé cinq ans pour vivre ma vie comme je voulais. Puis, maintenant, Il venait me réveiller. 

            Là, Il m’a donné la plus grande grâce de ma vie. Que je souhaite à tout le monde d’ailleurs. Tout d’un coup, sans avoir à me poser de questions, j’ai compris le vrai sens de la vie et j’ai vu toute la futilité de la mienne. Je me voyais arriver de l’autre côté les mains vides, toute nue. Je regardais ma garde-robe bien remplie, mon beau manteau de fourrure qui rendait toutes les femmes jalouses, mes bijoux pis tout ça. Et je disais : Quelle futilité! J’mettrai toujours bin pas ça pour aller au ciel. Pis moins encore en enfer, y fait bin trop chaud là… 

            J’avais mis tellement d’heures et d’efforts pour me payer des choses comme ça, que je laisserais sur la terre, à d’autres. J’arrivais de l’autre bord toute nue. Je me disais : c’est-tu bête!… C’est-tu assez bête!… On passe à travers la vie sans voir ce qui est important, sans en voir l’essentiel. 

            Et je comprenais qu’on est créé par Dieu et qu’on doit y retourner. Et que la terre, c’est juste un temps… un temps de cheminement spirituel et que, dans ce laps de temps, on doit apprendre à développer notre amour pour lui. Qu’on doit faire un cheminement pour arriver à l’aimer de plus en plus, pour en arriver à le voir face à face pour toute l’éternité. Voilà! 

            Cheminement spirituel, c’est bin moi qui avait pensé à ça! Et je me voyais mourir, Et je me disais : Seigneur, j’n’ai pu de temps ! Si seulement je pouvais… si seulement je pouvais recommencer ma vie, recommencer au moins les cinq dernières années. Maintenant que je comprends… 

            Mais le Seigneur avait d’autres vues. Il m’a fait comprendre : tu laisses des maisons à tes enfants, tu leur as assuré une sécurité matérielle, tu leur laisses des bijoux et toutes sortes de bébelles mais… le véritable héritage ?… l’essentiel ?…  La foi ?… Tu ne leur as jamais parlé de moi. 

            J’ai été une femme adultère pendant quinze ans. Mais mon plus grand chagrin, mon plus grand remords, ce n’est pas mon péché d’adultère, non. C’est que je n’ai pas parlé de Jésus à mes enfants. C’est ça. Je n’ai pas aimé Jésus, pendant plus de vingt ans. J’ai vécu sans l’aimer. C’est ça mon plus grand chagrin. C’est ça mon plus grand péché. Alors j’ai dit : Seigneur, je suis foutue. Pardon, Seigneur Jésus,  pardon! 

            Ma mère est venue me dire, sur mon lit de mort : Redemande-lui un autre cinq ans. Mais j’ai répondu : non. J’ai donné ma parole au Seigneur. J’avais fait un pacte. On peut toujours triché avec un homme, c’est possible et même facile. Je l’ai fait… Mais avec Dieu, c’est plutôt gênant. J’ai donné ma parole. Si je meurs, vous direz qu’Il a exaucé ma prière, c’est tout. 

            Je pensais donc à mourir et j’étais prête. Mais le Seigneur, miséricordieux, est notre Père. Et un père peut-il vouloir la mort de son enfant ? Hein ? Je pensais qu’il venait me chercher par la mort mais il est venu me chercher par la Résurrection. Oui. 

                        « Mes chemins ne sont pas vos chemins 

                           et mes voies ne sont pas vos voies. » 

            Quelques jours plus tard, j’ai eu une visite, mon ancien patron. Il était accompagné d’un vieil ami. Un charismatique.  Ah!… Il commence à me parler du renouveau charismatique, comment c’était beau pis comment c’était bon. Et patati et patata. Il voulait m’y amener. J’ai dit : Ouais ! 

            Alors il s’est mis après moi pour m’amener au renouveau charismatique. Il était tellement insistant pis achalant comme une mouche à merde que j’ai fini par y aller. Juste pour qu’il me foute la paix une fois pour toutes. Eux-autres pis leurs baguettes en l’air, chantant des airs joyeux et faisant des yaoums yaoums… des vrais fous, des capotés. Ça m’tentais pas vraiment. Mais… 

            Mais l’Esprit-Saint travaillait. Un miracle s’est produit. Juste devant moi… Une petite dame qui était arrivée en béquilles, qui n’avait pas marché depuis des années, eh bien!, à l’élévation, elle a pris ses béquilles, les a jetées par terre et a marché jusqu’en avant et s’est jetée dans les bras du prêtre officiant à l’autel. Elle était guérie. J’ai été saisie, mais saisie, vous n’pouvez pas savoir comment. 

            Je découvrais Jésus Vivant. Tout à coup, je recevais le baptême de l’Esprit-Saint. J’ai pleuré, pleuré, pleuré. J’savais  pas trop pourquoi je pleurais. C’était Jésus Vivant que je découvrais. Comme la Samaritaine , qui avait eu cinq maris. Moi, j’n’en avais eu que deux. Et quelques amants de passage. Et qu’est-ce que Jésus a fait de la Samaritaine ? Hein ? Il ne l’a pas jugée, ne l’a pas condamnée, ne l’a pas envoyée en enfer. Non, il l’a aimée. 

                        «  Si tu savais le don de Dieu », qu‘Il a dit.

Durant la nuit qui suivit, j’ai eu un songe, dans lequel j’entendais la voix de Dieu. Je ne le voyais pas, je l’entendais seulement. Je l’entendais clairement. Et je voyais un troupeau de brebis, c’étaient des brebis et du monde en même temps. Et la voix de Dieu me disait : 

            «  Regarde, ce sont mes brebis, regarde comme elles sont blessées et malades. Dépêche-toi de les rassembler, parce que les loups sont en train de les dévorer. Dépêche-toi avant qu’il ne soit trop tard. Rassemble-les chez-toi et je les guérirai. Je leur redonnerai la joie et tu en feras des consacrés à la mère de mon Fils bien-aimé. Car je les veux tous dans mon Royaume. »

-         Mais comment cela se fera-t-il ?

-         Rassemble-les et laisse agir l’Esprit-Saint.

Et j’ai vu un gros cinq. Dans un nuage. J’ai compris… J’avais cinq ans pour  rassembler son troupeau. 

            Le premier soir de nos rencontres, après une brève campagne de recrutement, guidée sans doute par l’Esprit-Saint, ils étaient douze. Quelques-uns de vous s’en souviennent, vous y étiez. Douze. Hommes et femmes. Exactement douze. Pour moi, c’était clair, c’étaient là les douze apôtres de l’Oeuvre. J’avais douze apôtres. 

            Puis d’autres se sont ajoutés. On est passé à quinze puis dix-neuf puis  trente, assez rapidement. Aujourd’hui nous sommes quarante. Sans faire beaucoup de propagande. C’est l’Esprit-Saint sans doute qui agissait. Et le Seigneur guérissait les cœurs. Ils arrivaient tristes, le visage moche, pleurant aussitôt qu’on ouvrait le livre de la Parole pour prier. Mais pas longtemps après, ils ne pleuraient plus. Jésus accomplissait ce qu’Il avait promis. C’est Lui qui agissait; c’est l’œuvre de Dieu. Pas la mienne. Voilà. C’est son Œuvre. 

            C’est comme ça que tout a commencé.

- Rendons grâce à Dieu, dit un des membres assis dans la rangée du fond.

- Rendons grâce à Dieu, répondent-ils ensemble.

- Prions :  O ma bien-aimée Reine!

Je vous remercie de m'avoir tant de fois tirée des mains du démon, tant de fois délivrée de l'enfer que mes péchés m'avaient mérité. Malheureuse, j'étais déjà condamnée aux peines éternelles; peut-être dès mon premier péché, la terrible sentence allait s'exécuter si votre pitié, ô Marie, n'était venue à mon secours.

Sans que je vous en eusse même priée, par votre seule bonté, vous avez arrêté le bras de la justice divine, prêt à me frapper; et, amollissant la dureté de mon coeur, vous m'avez invitée à mettre toute ma confiance en vous.

Dans combien de crimes encore ne serais-je pas tombée, si vous ne m'eussiez préservée des dangers, ô Mère de miséricorde, par les grâces que vous m'avez obtenus.

O Reine du ciel, ne vous lassez pas de me protéger. Ne me laissez pas à la merci de moi-même, je me perdrais; faites que je m'adresse toujours à vous.

Sauvez-moi; ô mon espérance! Sauvez-moi du péché qui seul pourrait m'entraîner éternellement en enfer. Faites que j'aille jouir de votre présence dans le paradis.

J'espère que vous me sauverez, que vous me délivrerez du péché et que vous m'obtiendrez la lumière et la force pour exécuter votre volonté et entrer ainsi à pleines voiles dans le paisible port du paradis. Tous vos serviteurs vous ont demandé les mêmes grâces et nul d'entre eux n'a été trompé. Oh! non, je ne serai pas plus trompée qu'eux tous.

Ô Marie! priez votre Fils Jésus, par les mérites de sa passion, d'augmenter toujours en moi cette sainte confiance, et je serai sauvée. 

Ainsi soit-il.

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Côté cour

Protection

Je voulais vous raconter une grande grâce et protection reçue samedi soir. Il était 19 heures et, réalisant qu’il me manquait beaucoup d’aliments dans mon garde-manger, je suis partie à contre-coeur pour aller faire mon marché, car ça ne me tentait pas du tout. Et, de plus, il est hors de question de faire mon épicerie et mes commissions le dimanche.

J’ai pris un raccourci et, arrivée à un feu de circulation, j’ai vu des ambulances et des policiers: il venait d’y avoir un grave accident impliquant trois véhicules. Le coeur m’a serré et je me suis mise tout de suite à prier pour que la Sainte Vierge et Jésus viennent en aide à ces pauvres gens. J’ai récité des «Je vous salue, Marie» En continuant mon chemin jusqu’à l’épicerie, je remerciais la Sainte Vierge de me protéger et d’avoir toujours veillé sur moi durant de si nombreux voyages.

Après avoir fini mes achats, j’ai repris la route et je conduisais sur un boulevard très achalandé. Arrivée au feu de circulation où je dois tourner à gauche, j’ai été prise de confusion... je voyais que la lumière était verte et qu’il n’y avait aucun véhicule venant en sens opposé, donc je pouvais tourner sans problème, mais j’étais comme paralysée. Ma tête me disait: «Tourne! Tout est beau!» Mais, physiquement, j’étais incapable d’avancer tellement j’étais confuse... Mon attention a été attirée vers la droite: j’ai regardé et j’ai vu une grosse automobile arrivant à vive allure et passant sur la lumière rouge. La voiture allait à une vitesse folle et je l’ai regardée passer, n’en croyant pas mes yeux...

Et en plus, très mystérieusement, il n’y avait aucun véhicule passant dans le sens opposé, et pourtant c’est un boulevard très achalandé. S’il y avait eu un accident, j’aurais été la seule impliquée... avec quel impact!!! à cause de la vitesse folle de l’automobiliste. Je ne crois pas que j’aurais pu survivre, ou j’aurais eu de très graves séquelles.

MERCI! à la Bonne Vierge Marie de m’avoir protégée et d’avoir protégé tous les autres automobilistes qui auraient pu si facilement être impliqués dans un accident. Tout ceci semble long en l’écrivant, mais cela s’est passé en quelques secondes...

Je n’ai pas été capable de le raconter à mon mari en rentrant à la maison, je le lui ai dit le lendemain en me préparant pour la messe.

                                  Diane Pelletier-Prévost

 

Témoignage de protection

Le 27 février dernier, notre fils, Benoît, revenait vers 20 heures de son stage qu’il effectuait à 45 km de notre domicile. Sur une route en pleine campagne, il a brusquement glissé sur la chaussée et a perdu tout contrôle de la voiture qu’il conduisait. Il a alors percuté violemment une série d’arbres en bordure de la route en déracinant l’un d’eux. Mais ce sont aussi ces arbres qui l’ont empêché de tomber dans le ravin juste en dessous. L’avant de la voiture était complètement écrasé. La voiture stabilisée, Benoît s’est dépêché de sortir, car une fumée noire et abondante sortait du moteur. Il a eu peur qu’elle n’explose. Heureusement, il avait la ceinture de sécurité, mais n’avait si sac gonflable ni appuie-tête. Or, il est grand et aurait pu avoir le cou du lapin. Il y avait aussi beaucoup de dégâts à sa place, à l’intérieur de la voiture.

Il faisait nuit et c’est une route peu fréquentée. Mais, par bonheur, une voiture est arrivée juste après l’accident et son conducteur est venu tout de suite au secours de Benoît en l’amenant chez lui à 1 km de là. C’est de là qu’il a pu nous téléphoner. Heureusement encore, mon mari était en congé à ce moment-là, ce qui lui a permis de partir immédiatement. Je ne sais pas comment j’aurais fait seule sans lui, prise à la maison avec nos deux autres enfants, obligée de partir en pleine nuit sur une route que je ne connais pas.

Arrivé sur les lieux de l’accident, mon mari a trouvé les policiers, les pompiers et le garagiste. Ceux-ci, sur le moment, n’ayant pas trouvé Benoît, cherchaient partout le corps, pensant, vu l’état de la voiture et son emplacement, qu’il avait été éjecté.

Ils ont par la suite tous été surpris de le voir sur ses deux pieds et en apparente bonne santé, disant qu’il avait de la chance de s’en sortir ainsi, vu la violence du choc.

Sur demande de mon mari, les pompiers ont conduit Benoît à l’hôpital. Sur le moment, les médecins pensaient à une entorse des ligaments croisés du genou, nous laissant avec l’éventualité d’une opération du genou. Puis, ils soupçonnaient également des fractures et notamment des micro fractures des cervicales. Mais, après radios et scanner, il n’y avait rien à signaler et Benoît a pu rentrer à la maison après deux jours d’hospitalisation et le port d’un collier cervical. Miracle encore, car non seulement il était vivant, mais il sortait de ce cauchemar sans séquelles. De plus, l’accident s’étant produit un mercredi, il est sorti de l’hôpital le vendredi et, dès le lundi suivant, il a pu retourner à ses cours, surtout que la semaine de cours qui suivait était importante et qu’une épreuve devait compter pour son examen l’année prochaine.

Durant cette semaine qui a suivi l’accident, mon mari étant toujours en congé, nous nous sommes dépêchés de lui trouver une autre voiture, car c’est le moyen de locomotion de Benoît pour se rendre au collège. Nous lui en avons trouvé une rapidement et, là encore, j’ai vu le doigt de la Sainte Vierge , car la jeune femme qui nous l’a vendue se nommait Marie.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser, et c’est là où porte mon témoignage, que Benoît, le jour de l’accident, portait à son cou la médaille miraculeuse. De plus, il récitait son chapelet en cours de route. Oui, pour moi, il a été protégé: il a eu beaucoup de grâces.

Nous avons été tous les deux étonnés d’avoir bien réagi à cela, sans panique ou émotivité. En ce qui me concerne, j’avais l’impression d’être anesthésiée, de ne plus rien ressentir. C’était comme si j’avais été dans une enveloppe protectrice. Mon acceptation a été totale. Je faisais ce qu’il y avait à faire, j’ai remercié la Sainte Vierge , mais... aucun sentiment!

Cela faisait déjà un bon moment que, pour un tas de choses, mes sentiments semblaient morts. Déjà, bien avant l’accident, lorsque des coups me frappaient, je sentais quelque chose autour de mon coeur empêchant la souffrance d’y pénétrer. Oh! tout n’est pas mort, car certaines choses m’atteignent encore et mon amour propre résiste.

Je continue de m’unir à vous, tout particulièrement lors de vos journées de prières. Je pense souvent à vous et je vous porte tous dans mon coeur.

Avec toute mon affection

Brigitte Christophe

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Conférence d’André de Belgique,

un voyant

troisième dimanche du carême

chapelle privée.

Douze seulement des quarante membres sont présents. Les autres sont des voisins ou des simples curieux venus des environs.

Chant d’entrée : Veni Creator Spiritus

                          Mentes tuorum visata…

- Bonjour à vous tous et merci d’être venus à ma rencontre. Un merci particulier à votre présidente, madame Jeanne Gagnon, qui m’a si bien accueilli.

            Si je suis ici ce soir, c’est d’abord parce que le Seigneur m’y a invité, ensuite parce que votre présidente a insisté auprès de mon supérieur et enfin parce que mon directeur spirituel m’a accordé l’autorisation de venir. C’est la première fois que je viens en Amérique. C’est une grande découverte pour moi car c’est la première fois que je pars loin de chez-moi. 

            Ce qui est important, ce n’est pas tellement ce que j’aurai à vous dire, mais bien ce que vous en ferez après pour répondre à l’appel du Seigneur notre Dieu. Ce n’est pas pour faire de la publicité autour de mon nom que je me suis déplacé ainsi, non pas pour parler de moi, mais pour parler de Dieu et vous engager à le suivre. 

            « Va de par le monde annoncer la Bonne Nouvelle , va de par le monde annoncer le retour du Fils de l’homme. » Oui, notre Dieu nous prévient qu’Il va bientôt revenir sur terre. Mais Il nous prévient aussi qu’il faut préparer les cœurs. Car lorsqu’Il reviendra, retrouvera-t-Il encore la foi ? 

            Tout au long de mon message d’aujourd’hui, j’essaierai de vous parler de l’essentiel de ce que le Seigneur m’a dit. Car c’est un appel à la conversion, à l’amour, à la pénitence. Vous allez dire : mais c’est partout la même chose. 

            Heureusement, car si ce n’était pas partout la même chose, ça ne viendrait pas du Ciel. Le monde d’aujourd’hui court à sa perte. Et je vous dirai qu’il y a quelques années, je courais avec lui. Et peut-être même plus vite que beaucoup d’autres. Mais Notre-Seigneur en a décidé autrement. 

            Je l’ai rencontré, non pas sur le cheminde Damas comme Saint-Paul, mais sur le chemin de ma vie de tous les jours. Il s’est présenté devant moi et m’a dit : Mais où cours-tu aussi vite ? À ta perte ? Tu ne regardes donc plus jamais vers le Ciel ? 

            Je vais vous parler de l’amour qu’Il porte envers les hommes. Il nous en a donné un exemple exceptionnel lorsqu’Il est venu mourir pour nous sur la croix. Mais nous n’avons pas vécu cette période; cela vaut peut-être mieux ainsi car nous aurions peut-être été parmi ceux qui lui lançaient des pierres. 

Par Denis Boucher - Publié dans : livre
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